Les différents styles de tatouages

Publié le , par Julie
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Le tatouage est devenu, au fil du temps, un art apprécié et tendance. On le voit partout, sur les corps à la plage ou à la ville, sur les vedettes à la télévision, sur les sportifs… Mais le tatouage se décline en une infinité de styles dont chacun peut s’inspirer pour orner son corps d’un tatouage parfait. Pour t’initier aux différents styles dans le domaine du tatouage, nous te présentons, à présent, les grandes catégories de tatouages existants.

Le style Old school ou américain traditionnel

Ce type de tatouage tire ses origines des États-Unis. Il apparaît dans les décennies 1930 à 1950. Ces tatouages sont composés de motifs aux contours épais et de remplissage globalement simpliste réalisés avec des couleurs basiques. Les dessins réalisés restent élémentaires. Cela est principalement dû aux couleurs limitées disponibles à cette époque et aux dermographes encore rustiques. Peu de fantaisies étaient alors possibles.

C’est par ailleurs ce qui fait leur force graphique. On trouve différents thèmes : le thème marin, le thème inspiré des motifs provenant des peuples natifs d’Amérique du Nord ou encore des thèmes liés à l’univers carcéral.

Avant tout utilisé pour représenter des symboles, ce genre de tatouage ne met pas l’esthétique au premier plan.

Deux noms s’illustrent parmi les tatoueurs connus pour réaliser ce style en maître : l’américain Sailor Jerry (Norman Keith Collins) et l’anglais Georges Burchett. Le retour en grâce du vintage a permis aux tatouages Old school de faire leur grand retour.

Différents motifs sont majoritairement utilisés pour ce style de tatouage : roses, panthères, ancres marines, cœur, aigles, crânes… On peut aussi observer des hirondelles, des animaux sauvages, des bateaux ou des pin-up. Chaque motif a un symbolisme dédié. Les hirondelles, par exemple, portent chance aux marins. Le poignard représente la justice et l’honneur. L’ancre marine représente la sécurité et l’espoir.

Le style néo-traditionnel

Autre style, le néo-traditionnel est un digne héritier du style Old school. Il en reprend la quasi-totalité des codes et utilise les mêmes images. Il va néanmoins les moderniser pour suivre les tendances contemporaines. On peut ainsi trouver des couleurs plus vibrantes et nuancées. Les contours sont, quant à eux, beaucoup moins épais. Les ombrages sont plus subtils.

Le style japonais

Les tatouages japonais ont traversé les années sans pour autant modifier les éléments de leur codification stricte. On reconnaît immédiatement son graphisme. Ce style met en avant un socle culturel particulièrement puissant. Chaque motif fait ainsi appel à une symbolique très précise. Cette symbolique est d’ailleurs largement plus importante que l’aspect esthétique. Le style japonais est à base de lignes assez épaisses combinées à des aplats de couleurs très éclatantes. On trouve également des ombrages très précis et particulièrement contrastants. Les sujets peuvent être de très grande taille et recouvrent de grandes parties du corps.

Le style New school

Ce style apparaît aux États-Unis dans les années 1970. Il reprend de nombreux codes du style Old school, mais pousse plus loin la créativité. Le New school s’inspire de la pop culture, mais aussi des cartoons et des comics. Il est composé avec des lignes épaisses, des couleurs très vives et une approche des sujets en règle générale très « cartoonesque » ou exagérée.

Contrairement aux tatouages Old school, les contours sont beaucoup plus travaillés, les couleurs sont très vives. Les volumes et les formes sont exagérés, parfois même distordus. Ce style est très « street » et a un aspect déjanté.

Les motifs rencontrés reprennent naturellement les motifs Old school précédemment cités comme les hirondelles, pin-up sexy, et les cœurs. Mais d’autres motifs sont aussi utilisés : zombies, animaux fantastiques… Les motifs peuvent être insolites. Ce style de tatouage s’adapte à tout.

Le style peut aussi utiliser le freehand pour créer des pièces plus dynamiques.

Le style réaliste

Le tatouage connaît, comme tous les arts, un courant réaliste. Les tatoueurs cherchent alors à atteindre un très grand niveau de réalisme. Le principal domaine de ce style de tatouage est le portrait animal ou humain. On privilégie les ombrages et la lumière. Les lignes sont quasi absentes.

Les motifs représentés sont en règle générale de grande dimension. Le tatouage recherche la ressemblance avec la réalité et devient une sorte de photographie. La finesse et la précision des détails sont de mise.

Techniquement, ce style est compliqué à réaliser. On privilégie les motifs de taille conséquente pour voir les détails.

Le réalisme se décline aujourd’hui avec le micro-réalisme qui veut moderniser son « grand frère ». Les artistes travaillent alors à une échelle plus petite. Ils doivent donc utiliser plus de détails. Le travail des ombrages est poussé à son paroxysme sur des zones réduites. Les ombrages très doux sont privilégiés et les lignes sont généralement absentes.

Le courant micro-réaliste a donné naissance aux nombreux artistes sud-coréens spécialisés dans les minuscules pièces en couleur.

On peut aussi trouver des portraits. Le style photoréaliste représente une présentation du sujet la plus précise possible. La ressemblance est indispensable et le moindre écart sera considéré comme une erreur. Ce style de tatouage est des plus exigeants et des plus difficiles techniquement.

Ce type de tatouage est avant tout affectif : visage d’un enfant, d’un parent, ou d’une figure célèbre que l’on apprécie. On arbore souvent ces tatouages à la mémoire de quelqu’un.

Le Trash Polka

Voilà un style issu de l’imagination de deux artistes allemands travaillant dans le studio Buena Vista Tattoo Club à Würzburg. Ces deux artistes (ils sont aussi photographes, graphistes et designers d’intérieur), Simone Pfaff et Volker Merschky, ont créé des pièces à quatre mains dans un style graphique particulièrement remarquable. Il s’agit d’une combinaison d’éléments réalistes, graphiques, mais aussi de typographies explosées. Ce style se limite principalement à deux couleurs : le noir et le rouge.

Les pièces sont imposantes et présentent une composition particulièrement dynamique. Les codes graphiques qui existaient jusqu’alors explosent. Les pièces créées sont visuellement très rythmées (d’où le nom de ce style) et les œuvres ont réellement un graphique très fort.

Le finework

Il ne s’agit pas véritablement d’un style, mais plutôt d’une approche qui regroupe plusieurs styles. On privilégie alors dans le finework la finesse des lignes et des ombrages ou des dotwork. Ce style peut reprendre différentes techniques de genres différents. Le finework peut ainsi reprendre les tatouages épurés aux lignes particulièrement fines et aux compositions aériennes que l’on trouve dans le Fine Line, le micro-réalisme…

Ce style est en fait un mélange de méthodes, mais aussi d’outils de travail qui mettent en avant la finesse.

Les artistes peuvent travailler sur différents thèmes : floral, animal, géométrique, illustratif ou encore micro-réaliste.

Le style ornemental

Le tatouage ornemental est particulièrement difficile à définir, car il regroupe différents styles : berbères, bosniaques, polynésiens… Il existe néanmoins un point commun : la volonté esthétique et les éléments ornementaux. Ceux-ci peuvent avoir une portée symbolique (mais elle n’est pas prédominante) ou non. Les éléments figuratifs sont oubliés.

Ce style orne des parties corporelles qui sont peu illustrées avec les autres styles : mains, doigts, visage, tempes, tétons, pieds, crâne…

C’est un style qui connaît un grand succès ces derniers temps en Europe.

Il développe des compositions originales qui ne sont pas rattachées à une culture particulière. Les motifs fins sont mis en avant et habillent la peau comme de véritables bijoux.

La forme et le placement sont, avec ce type de tatouage, importants. Ces tatouages visent à mettre en valeur le corps et ses courbes. Les motifs peuvent s’inspirer de l’art nouveau avec ses végétaux stylisés. On peut aussi trouver des formes géométriques et symétriques (rosaces). Les motifs en dentelle sont également utilisés.

Le style biomécanique et organique

Ce style a été phare à la fin des années 1990, mais aujourd’hui, il a quasiment disparu. Le style biomécanique était une préfiguration artistique de la « fusion entre le vivant et la mécanique (ou l’électronique) ». On mélange ainsi les chairs et les pistons, les éléments organiques et semi-conducteurs.

Le style organique mêle, quant à lui, des éléments organiques ou biologiques qui se fondent dans le corps du tatoué.

Les effets d’ombrage, de profondeur (effet 3D) et de relief sont des trompe-l’œil et simulent les tissus humains sous la peau (que cela soit les os, les muscles, les tendons…).

Il est aussi beaucoup inspiré par le cinéma. L’imagination du tatoueur est libre et l’artiste peut imaginer ce qu’il veut.

Le style graphique

Ce type de tatouage est assez récent et est très fortement influencé par le street art et une esthétique moderne. Le tatouage graphique joue avec les formes et les couleurs.

On peut trouver des tatouages de style crayonné, naïf, aquarelle, pochoir, géométrique, pointilliste, gravure, abstrait…

Le tatouage graphique est considéré comme la « nouvelle vague » et laisse libre le tatoueur.

L’ignorant style

L’ignorant style est apparu aux États-Unis au début des années 2010. C’est le graffeur français Fuzi qui a donné l’impulsion à ce style de tatouage. Celui-ci est ultra minimaliste. Il cherche à casser la recherche du beau et de l’esthétique afin de privilégier la création et les performances. C’est une tendance particulièrement appréciée des étudiants des beaux-arts et des graffeurs. Les dessins sont naïfs et inachevés. C’est le processus qui est mis en avant et non l’œuvre.

Le style minimaliste

Le tatouage minimaliste s’ancre dans une recherche avant tout esthétique. On peut le rapprocher du mouvement naïf en peinture. Le style minimaliste peut être en noir et blanc, sans ombrage ou encore en couleurs avec des aplats bruts. Dans tous les cas, ce style vise l’épuration des motifs. Il met en avant la force des éléments graphiques. La lecture de l’œuvre est facile et particulièrement simple. Le superflu n’a pas sa place. Les fioritures sont écartées.

Le style manga

Ce style connaît un grand succès depuis les années 2020. Il s’inspire des personnages mangas et les représente en noir et blanc ou en couleur, tout en reprenant tous les codes du manga.

Le style abstrait

Le style abstrait est généralement employé par des artistes peintres ou graphistes. Les tatouages sont composés de figures géométriques, de lignes abstraites de grandes dimensions, et de taches façon peinture ou encre de Chine. Ce style de tatouage est tourné vers le mouvement et la dynamique. Il est construit principalement en freehand afin d’adapter au mieux le tatouage aux courbes du corps, mais aussi à ses mouvements.

Les tatouages symboliques traditionnels

Il s’agit en fait d’une catégorie qui regroupe différents styles de tatouages traditionnels. Ceux-ci peuvent exister depuis des millénaires et sont répartis à travers le monde. Même s’ils sont épars, ils ont tous un point commun, à savoir : ils possèdent une valeur symbolique importante. Ils s’inscrivent également dans un héritage culturel très riche, et peuvent même parfois s’inscrire dans une démarche sacrée.

Parmi ces tatouages symboliques, différents styles se reconnaissent.

Le tatouage polynésien

Ces tatouages se sont répandus dans tout le triangle polynésien avec toutefois des variantes aussi bien esthétiques que symboliques. On retrouve dans cette catégorie les « tatau » tahitiens, les tahua’a tatau maoris, les tuhuka que l’on trouve dans les îles Marquises ou encore les tatouages samoans. Ces tatouages traditionnels ont longtemps été interdits par les missionnaires européens. Ils ont néanmoins connu un très grand succès dans les années 1980 et sont devenus alors de véritables étendards identitaires et culturels.

Le tatouage a atteint dans les îles du Pacifique Sud une intensité importante. Les premiers explorateurs européens ont été époustouflés de voir des dessins aussi complexes.

Les tatouages sont principalement géométriques (aplats, triangles, cercles, lignes, spirales, frises). La symbolique est très riche et le tatouage fait office de signe de reconnaissance sociale (il peut signifier une appartenance à un clan, un territoire, une famille) ou un statut social. Il peut aussi correspondre à une protection. Certains tatouages représentent des événements marquants de la vie de la personne ou de ses ancêtres. On peut aussi trouver des animaux et des plantes que l’on voit dans la vie quotidienne.

L’emplacement des tatouages sur le corps est aussi très important. Celui-ci diffère entre homme et femme.

Les tatouages berbères

Les tatouages berbères sont connus depuis l’Antiquité. Ils ont toutefois failli disparaître dans les années 1950. Et sans de jeunes artistes, cela aurait été le cas. Ceux-ci ont voulu remettre en avant leur culture. Un renouveau est apparu et les tatouages berbères sont revenus au premier plan. Ils sont composés de formes géométriques, de lignes fines et de points. Ils ont une fonction avant tout esthétique et rappellent les bijoux qui ont une fonction de grande importance dans la culture amazighe. La symbolique représente des valeurs fortes, des épisodes de la vie ou encore le statut social de la personne.

Les tatouages bosniaques Bocanje križa

Ces tatouages remontent eux aussi à l’Antiquité et eux aussi avaient quasiment disparu. Ils ont toutefois réussi à passer les siècles en adoptant à la fois des symboliques païennes et religieuses. L’histoire des tatouages bosniaques a été redécouverte par de jeunes artistes qui ont fait renaître ce style. Les tatouages Bocanje križa sont composés de formes simples comme les ograda, jelica ou kolo.

Les tatouages traditionnels thaïlandais

Les Sak Yant sont des tatouages répandus en Asie du Sud-Est. Ils ont toujours été très présents, mais ils ont connu un renouveau récemment. Là encore, ce sont de jeunes artistes qui voulaient renouer avec leur culture familiale qui ont instauré ce renouveau. Les Sak Yant sont composés de prières et de compositions symboliques. Ils ont été très longtemps réservés aux moines bouddhistes. Même encore aujourd’hui, ces tatouages doivent être réalisés après des prières et des bénédictions faites par des religieux.